Jus artisanaux interdit de vente : entre nécessité sanitaire et inquiétudes économiques

Jus artisanaux interdit de vente : entre nécessité sanitaire et inquiétudes économiques
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LIBREVILLE, Gabon-Lundi écoulé, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a publié un communiqué interdisant formellement la commercialisation ou la distribution de « production artisanale de jus de bissap, gingembre, lait caillé, glace en sachet ou en bouteille reconditionnée sur l’ensemble du territoire national ».

Cette décision s’inscrit dans une volonté manifeste d’encadrer un secteur alimentaire encore largement informel, dans le but de renforcer la sécurité sanitaire des produits consommés par le public gabonais. Face aux risques sanitaires potentiels liés à ces produits artisanaux, souvent fabriqués et distribués sans contrôle rigoureux, l’AGASA entend ainsi initier une dynamique de mise à niveau indispensable.

Cependant, cette approche suscite des interrogations et des critiques importantes. Le principe fondamental en matière de régulation repose généralement sur l’individualisation des sanctions, proportionnées aux manquements constatés. En interdisant globalement ces produits à tous les opérateurs, l’AGASA risque non seulement de fragiliser économiquement une vaste communauté de petits entrepreneurs et commerçants du secteur alimentaire, mais également de générer un climat d’insécurité juridique et commerciale.

Alex Moussirou, un acteur économique et spécialiste du secteur souligne qu’une démarche « graduelle » aurait sans doute été plus pertinente. Celle-ci aurait pu « combiner des phases de sensibilisation et d’accompagnement vers la mise en conformité des pratiques artisanales, avant de recourir à de stricts interdits et contrôles ciblés ». Une telle méthode aurait probablement favorisé une régulation plus légitime et efficace, tout en protégeant les intérêts des commerçants et en maintenant la confiance des consommateurs.

En résumé, si l’objectif de l’AGASA – garantir la sécurité sanitaire des aliments – demeure essentiel, la généralisation des interdictions apparaît comme une mesure trop brutale et potentiellement injuste. Une révision de cette politique, intégrant des sanctions individuelles et un soutien progressif à la mise aux normes, semble nécessaire pour concilier santé publique et développement économique durable du secteur artisanal alimentaire au Gabon. 



A propos de cet Article

Catégorie : SOCIETE

En ligne depuis : 05/05/2026

Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME

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