L’Affaire Bilie-By-Nze : Le « Chemin de Damas » d’un opposant que le régime vient de sacraliser
Description
LIBREVILLE, Gabon-Le rideau est tombé ce soir, jeudi
16 avril 2026, sur une scène que l'on croyait appartenir à une époque
révolue. Alain-Claude Bilie-By-Nze
(ACBBN), président du parti Ensemble pour le Gabon et
figure de proue de l'opposition depuis la présidentielle de 2025, a été placé
sous mandat de dépôt. Le motif invoqué frise l'absurde : une dette de 5
millions de FCFA datant de 2008.
Au-delà, les
adversaires du fils de Ntang-Louli, ne font pas que se ridiculiser : Ils commettent
une erreur. Ils viennent d'offrir à l'ancien Premier ministre le piédestal qui
lui manquait pour devenir l'icône incontestée de la résistance au nouveau
régime.
« C’est
l'aveu d'une justice instrumentalisée à des fins de musellement politique »,
s’est indigné un membre de la famille d’ACBBN.
« Ce n'est pas
le débiteur que l'on enferme, c'est l'opposant que l'on tente d'éteindre. Mais
le régime se trompe de cible : on ne fait pas taire une idée par des barreaux,
on lui donne une âme », a ajouté un citoyen venu qui attendait la sortie
de l’opposant au tribunal de Libreville à 22h."
Une disproportion qui
trahit la manœuvre
Comment justifier qu’un ancien Premier ministre,
candidat perdant mais influent à la dernière élection présidentielle, soit jeté
en prison pour une somme équivalente à peine à son budget de carburant ? Pour
tout observateur lucide, la réponse ne réside pas dans le code civil, mais dans
l'agitation politique actuelle.
« ACBBN, par ses critiques acerbes contre
la gestion de la transition et du pouvoir actuel et sa capacité à mobiliser une
jeunesse désabusée, est devenu l'homme à abattre », a déclaré Alain MM, un
gabonais d’une cinquante d’années.
En choisissant un motif aussi « banal »
et anachronique, les tapi « visibles » dans l’ombre, espèrent sans
doute minimiser l'impact de cette arrestation, la faisant passer pour une
affaire de droit commun. C'est un calcul de court terme. Cette disproportion
flagrante entre l'infraction alléguée et le déploiement de force des renseignements
militaires ne fait que souligner l'acharnement politique dont il est victime.
La prison : le nouveau
"Chemin de Damas" d'ACBBN
L'histoire politique du continent africain
regorge de leaders forgés dans le feu de l'incarcération. En envoyant Bilie-By-Nze
derrière les barreaux, les « perfides trompeurs » viennent de lui
offrir son « chemin de Damas ». Pour celui que certains accusaient encore
d'être trop lié aux arcanes de l'ancien système, cette épreuve agit comme un
baptême de feu, lavant les soupçons de connivence et solidifiant son image de
martyr.
« La prison politique ne l'affaiblira pas ;
elle le sanctifie. Elle transforme le politicien habile en un symbole de
résilience. Chaque jour qu’il passera à la prison centrale de Libreville
ajoutera une strate supplémentaire à sa légitimité nationale et internationale.
Ceux qui sont derrière cette arrestation ont cru couper une tête ; ils sont en
train d'arroser les racines d'une opposition qui n'attendait qu'un catalyseur
pour s'unifier derrière un chef de file incontestable ».
L'aveuglement des
profitosituationnistes
La situation est d'une clarté limpide pour
quiconque suit l'évolution du climat social au Gabon. Pourtant, dans certains
couloirs et parmi les courtisans qui tirent profit du statu quo, on feint de
croire à une application rigoureuse de la loi. Seuls les aveugles volontaires
et ceux dont les privilèges dépendent de la survie du régime actuel refusent de
voir l'évidence : cette arrestation est une faute tactique majeure.
En voulant humilier l'homme, ils ont élevé la
cause. En voulant l'isoler, ils ont braqué les projecteurs sur lui.
« Alain-Claude Bilie-By-Nze sortira de
cette épreuve plus fort, plus crédible et, surtout, plus déterminé. Le régime,
lui, faute d'arguments politiques, se résout à l'arbitraire le plus grotesque »,
s’est indigné André Moure Okoume, un membre d’EPG.
Le Gabon regarde, l’Afrique observe. Et le 16 avril 2026 restera dans les mémoires non pas comme le jour où un homme a été arrêté pour une dette « supposée » oubliée, mais comme le jour où les adversaires politique ont involontairement désigné leur successeur.
A propos de cet Article
Catégorie : POLITIQUE
En ligne depuis : 16/04/2026
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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