"Le Gabon est sur la voie d’un Plan d’Ajustement Structurel", Bilie By Nze

"Le Gabon est sur la voie d’un Plan d’Ajustement Structurel", Bilie By Nze
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LIBREVILLE, Gabon-En conférence de presse ce vendredi, l’ancien Premier ministre, Alain Claude Bilie By Nze, par ailleurs président du parti politique de l’opposition, Ensemble Pour le Gabon (EPG), a affirmé que le Gabon est actuellement sur la voie d’un Plan d’Ajustement Structurel (PAS) avec le Fonds Monétaire International (FMI). Selon lui, cette démarche serait inévitable face aux déficits budgétaires persistants et à la crise économique aiguë que traverse le pays.

« On voit bien aujourd'hui que le pays est en difficulté. Et là, ce n'est pas l'héritage de la précédente gouvernance. Mais on se rend bien compte aujourd'hui que nous sommes dans le mur », a-t-il dit.

Le PAS implique généralement des mesures drastiques telles que la réduction des dépenses publiques, l’augmentation des taxes et une réforme profonde du secteur public.

« Dans les négociations avec le FMI, nous demandons qu'elle aille sur les vrais sujets, qu'elle aille sur la question des fonds de souveraineté, des fonds politiques du président, des institutions. On regarde ce qu'il y a à supprimer », a-t-indiqué.

En 2023, Bilie By Nze souligne que le Gabon affichait un solde budgétaire positif de 1,8 %, mais qu'à la fin de 2025, ce solde est devenu négatif, atteignant presque 4 %. Selon lui, le pays a engagé des dépenses supérieures à ses revenus, avec des prévisions de plus de 800 milliards de dépenses supplémentaires pour 2026, dépassant largement les recettes attendues. Il estime donc que la mise en œuvre d'un plan d'ajustement structurel est nécessaire, car Libreville a dépassé tous les ratios de la CEMAC et de la COBAC, qui frôlent les 80 %. Les banques gabonaises se trouvent ainsi en situation de surexposition vis-à-vis de l'État, ce qui, selon lui, menace l'équilibre de la sous-région en raison d'une gestion imprévisible et d'approches improvisées.

Il a par ailleurs vivement dénoncé la situation critique de plusieurs institutions clés du Gabon, notamment la GOC (Gabon Oil Company). Les révélations faites lors de cette rencontre avec les journalistes soulèvent des questions majeures sur la gestion financière et la gouvernance économique du Gabon.

« La gouvernance actuelle apparaît désormais plus défaillante que la précédente, et à plusieurs égards », a déclaré l’ancien Premier ministre.

Selon Bilie By Nze, la GOC aurait dépensé près de 52 milliards de francs CFA en Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), mais « ces fonds auraient été alloués à des projets sans lien direct avec les activités principales de l'entreprise pétrolière ». Ces investissements, qui auraient dû « contribuer au développement local et à la responsabilité sociale, semblent plutôt avoir servi à financer des initiatives peu transparentes, voire inutiles ». Cette situation reflète un problème systémique de mauvaise gouvernance et de détournement potentiel de fonds publics.

L’ancien Premier ministre a également mis en lumière un autre point préoccupant : le paiement trimestriel de 20 millions de dollars effectués par la GOC à EBOMAF, un grand groupe panafricain, spécialisé dans les travaux publics (BTP), la construction routière, aéroportuaire, mais aussi diversifié dans l'aviation, la banque, l'hôtellerie, les mines, et bien d'autres secteurs. À ce jour, « aucun contrat formel ou justification légale n’a été présentée pour expliquer cette somme considérable versée régulièrement à cette entreprise ». Ce genre de pratique, selon lui, «  soulève des soupçons quant à une possible corruption ou à des arrangements financiers opaques qui pourraient fragiliser davantage l’économie nationale ».

Les déclarations d’Alain Claude Bilie By Nze mettent en lumière une crise multidimensionnelle touchant tant la gouvernance que l’économie du Gabon. La suspicion autour des dépenses non justifiées dans le secteur pétrolier ainsi que les paiements sans contrats clairs alimentent un climat d’incertitude pour les investisseurs locaux et internationaux.

Le risque d’un PAS avec le FMI pourrait entraîner des mesures impopulaires mais nécessaires pour stabiliser les finances publiques. Cependant, cela pourrait aussi aggraver les conditions sociales si les réformes ne sont pas accompagnées d’un programme inclusif visant à soutenir les populations vulnérables.

Les révélations faites lors de cette conférence de presse, soulignent la nécessité urgente pour le gouvernement gabonais, de renforcer sa transparence et sa responsabilité dans la gestion des fonds publics.

L’ex Premier ministre a aussi appelé, la société civile et les acteurs économiques à « rester vigilants face aux risques liés à une gouvernance défaillante ». Si ces problématiques ne sont pas rapidement adressées, elles risquent d’aggraver la crise économique déjà palpable dans le pays, mettant en péril l’avenir financier du Gabon.



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Catégorie : ECONOMIE

En ligne depuis : 23/01/2026

Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME

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