Vœux de Nouvel An 2026 : Bilie-By-Nze expose la "désillusion" du bilan du Président Oligui Nguema au pouvoir
Description
LIBREVILLE, Gabon-Dans une allocution marquante,
le Président du parti politique, Ensemble Pour Le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze
a sévèrement critiqué jeudi, le bilan du Président Brice Clotaire Oligui
Nguema, dressant un tableau sombre de la situation actuelle au Gabon, près de
trois ans après le coup d'État d'août 2023. L'analyse de l’opposant, prononcée à
l’occasion des vœux de Nouvel An 2026, met en lumière une série de promesses
non tenues. « L'espoir a laissé place à la désillusion », selon
ce dernier.
« Désillusion parce que, si tout a changé
dans la vie des nouveaux maîtres du Gabon et de leurs proches, rien ou presque
n'a changé pour le peuple. Les institutions n'ont pas été restaurées »,
a-t-il déclaré.
Bilie By Nze a souligné que les attentes
suscitées par le discours du Président Oligui Nguema, suite à sa prise de
pouvoir, concernant la restauration des institutions, le renforcement de
l'autorité de l'État et la dignité des Gabonais, ainsi que les engagements de
mettre un terme aux pratiques de l'ancien régime, telles que le clientélisme,
les nominations de complaisance et l'impunité, ne se concrétisent pas. Pour lui, "la
réalité actuelle" est très différente des promesses annoncées.
L'opposant a dénoncé la désillusion croissante
au sein de la population, affirmant que les institutions ont été rabaissées et
soumises aux diktats d'un seul homme. Il a critiqué la mise en place d'une « République
des copains, coquins et consanguins », où les mêmes noms reviennent et les
visages présentés comme neufs semblent déjà vus.
« Ce sont les mêmes noms qui reviennent. Et
les visages, présentés comme neufs, ont en réalité l'air de déjà-vus »,
a-t-il rappelé.
Le Président de EPG a également pointé du doigt
l'affaiblissement de l'État, la justice aux ordres et l'absence d'État de
droit. Il a qualifié le procès, présenté comme l'affaire judiciaire du siècle,
de simulacre de justice, soulignant que l'impunité s'est installée au sommet de
l'État. Il a également évoqué la détérioration des conditions de vie, avec une
augmentation du coût de la vie, des impôts et des taxes écrasants, ainsi que
des salaires non revalorisés depuis plus de dix ans. Le chômage des jeunes,
malgré les promesses de recrutement, est également un sujet de préoccupation majeur.
« La justice est aux ordres, elle est
piétinée et l'État de droit n'existe plus. L'impunité s'est installée au sommet
de l'État. Ne sont jetés en prison que ceux qui ont perdu le soutien du général
ou qui sont devenus gênants. L'impunité a même été fixée dans le marbre d'une
loi d'amnistie dont on ne nous a toujours rien dit de la nature des crimes
absolus ni des noms des auteurs des crimes », pense Bilie By Nze.
« Et pendant ce temps, le coût de la vie s'est
de plus en plus élevé. Les impôts et taxes écrasent les ménages alors que les
salaires n'ont pas été revalorisés depuis plus de dix ans et que les retraités
ont de plus en plus de mal à survivre avec leurs pensions. Pendant ce temps, le
chômage des jeunes ne cesse d'augmenter malgré les multiples promesses de
recrutement tant au sein des administrations publiques que du secteur privé »,
a affirmé l’opposant.
Il a accusé le gouvernement de
"bricolage" dans divers domaines, notamment « le dialogue
national, le référendum, la constitution, le code électoral, les élections, les
institutions, le procès de la famille Bongo, le procès de la ‘’Young team’’, le
budget et les grandes orientations économiques. Il a souligné que
"bricoler, ce n'est pas gouverner", mais plutôt improviser, avancer
sans vision et sans règles claires ».
Il a également critiqué la gestion économique,
notamment les projets annoncés puis abandonnés, ainsi que l'absence de
politique lisible en matière d'entrepreneuriat. Il a dénoncé la dette
croissante du Gabon évaluée à fin décembre 2025 à 8 600 milliards de francs
CFA, soit en réalité 4 600 milliards et les difficultés rencontrées par les
PME.
Face à cette situation, By Nze a appelé à la
vérité, à la justice et à la réconciliation, en demandant la mise en place
d'une Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation. Il a également
proposé des mesures pour lutter contre l'insécurité et les disparitions,
notamment la création d'un dispositif dédié et la protection des témoins.
« Face à cette situation qui tend à
s'installer et pour laquelle l'inaction de l'État interroge, nous proposons (…)
La création d'un parquet spécialisé. La tolérance zéro pour les auteurs et
commanditaires. Il faut une publication des résultats et des statistiques des
enquêtes. Une implication plus accrue des acteurs politiques, des religieux et
des responsables d'associations », a-t-il proposé.
En conclusion, le Président du parti politique,
Ensemble Pour Le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze a exprimé sa conviction
que la désillusion actuelle peut être surmontée, appelant à un réveil collectif
et à un rejet de la « République des copains, coquins et consanguins »,
de la « République des cousins » et de la « République du
bricolage ». Il a souhaité une année 2026 « pleine de lucidité, de
courage et d'espérance » pour le Gabon.
A propos de cet Article
Catégorie : POLITIQUE
En ligne depuis : 01/01/2026
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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