Budget 2026 : Bilie By Nze alerte sur l'aggravation du pouvoir d'achat des ménages

Budget 2026 : Bilie By Nze alerte sur l'aggravation du pouvoir d'achat des ménages
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LIBREVILLE, GABON-En conférence de presse vendredi 7 novembre, Alain Claude Bilie By Nze, le président du parti politique Ensemble Pour le Gabon  (EPG), a exprimé ses réserves concernant la loi de finances 2026. Selon lui, ce budget ne représente qu'un assemblage de chiffres destinés à impressionner, sans apporter de réelles améliorations à la vie des Gabonais. Il a même souligné que certains aspects de cette loi pourraient aggraver le pouvoir d'achat des ménages.

 

« Pour impressionnants qu’ils soient, les chiffres du budget étonnent et inquiètent les observateurs avertis quant à leur sincérité et à leur matérialisation », a-t-il déclaré.

 

Le gouvernement gabonais a présenté dernièrement un budget de ressources et de dépenses dépassant 7000 milliards de francs CFA, représentant le double des budgets constants du Gabon au cours des dix dernières années. L'Etat a fixé à plus de 7 %, de croissance, soit trois fois la moyenne observée durant cette période. Selon le président d'Ensemble Pour le Gabon (EPG), une telle progression doit être analysée en la confrontant aux prévisions d'autres pays comparables et à des hypothèses crédibles, validées par des organismes reconnus. Cette méthodologie semble actuellement négligée, selon lui.

 

« De tous les pays de la zone CEMAC, le Gabon est le seul dont le budget passerait du simple au double. Il est également le seul dont le taux de croissance serait multiplié par trois », s’est-il étonné.

 

Bilie By Nze souligne que, bien que les économies soient interconnectées et que les échanges au sein de la CEMAC soient limités, les pays de la région partagent des ressources d'exportation similaires vers des marchés communs. Cette situation soulève des questions sur la fiabilité des chiffres présentés. De plus, les réserves exprimées par le FMI, la Banque Mondiale et l'agence de notation Fitch Ratings amènent à s'interroger sur les sources de ces prévisions optimistes du gouvernement.

 

Que dit Fitch Ratings ?

 

L'agence a maintenu la note souveraine du Gabon à CCC, soulignant un risque élevé de défaut en raison des vulnérabilités structurelles de l'économie et des finances publiques. Elle a également noté que la détérioration des finances publiques, l'accroissement des tensions de trésorerie et la forte dépendance aux revenus pétroliers, malgré les discours sur la diversification, représentent les principaux défis auxquels le pays doit faire face.

 

Fitch, à l'instar du FMI et de la Banque Mondiale, ainsi que de nombreux experts internationaux consultés par le Gouvernement, remet en question les prévisions de croissance de 7,9% et le déficit du PIB fixé à 15%, jugés excessivement optimistes. L'agence considère particulièrement irréaliste l'augmentation des dépenses publiques de 97% par rapport à 2025. Les hypothèses sur lesquelles repose le budget 2026 présentent des risques de surendettement pour le pays. En l'absence de réduction des dépenses, de diversification de l'économie et, surtout, de transparence budgétaire, Fitch évalue la situation du Gabon comme étant particulièrement alarmante.

 

Au-delà du doute sur les chiffres


EPG constate, pour le regretter, que « le budget 2026 ne répond aucunement aux attentes des compatriotes, étranglés par la cherté de la vie ».

 

L'ancien Premier ministre souligne qu'au lieu de prendre des mesures significatives pour aider les ménages en difficulté, la partie fiscale a introduit une série de taxes qui vont aggraver la précarité des populations. Parmi ces augmentations, on trouve une taxe de 9 % sur l'électricité, une taxe de 5 % sur les communications téléphoniques et l'internet, s'ajoutant à celle sur les transferts d'argent, ainsi que des hausses sur divers produits de consommation courante tels que les eaux minérales, les lessives, certaines boissons gazeuses et certains matériaux de construction.

 

« Ces augmentations, qui vont peser sur le panier de la ménagère se feront alors que les salaires ne vont pas augmenter », a-t-il regretté.

 

En outre, alors que certains médias rapportent que le Gabon aurait enregistré plus de 18 000 décès entre janvier et octobre 2025, soit en seulement dix mois, le Gouvernement a considérablement réduit le budget alloué à l'achat de médicaments et de consommables pour les hôpitaux. Parallèlement, aucune initiative n'est visible pour améliorer la situation financière de la CNAMGS, qui subit des pertes évaluées à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, tandis que l'État lui doit 40 milliards de francs CFA, aggravant ainsi les difficultés de cet organisme public crucial pour la prise en charge des malades, en particulier ceux issus de milieux économiquement défavorisés.

 

« Sourd à la détresse de nos compatriotes, le Gouvernement n’a rien prévu pour l’emploi des jeunes. Rien non plus comme amortisseur social », a-t-il fait remarquer.

 

En somme, pour Alain Claude Bilie By Nze, le président d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), cette loi de finances apparaît non seulement comme irréaliste, mais elle ne répond à aucune des urgences sociales actuelles. Pour son financement, l'État s'appuie exclusivement sur l'emprunt, « ce qui va alourdir davantage le fardeau de la dette, qui devrait atteindre 90 % du PIB dès l'année prochaine », pense-t-il.

 

Avec des recettes fiscales estimées à 2000 milliards, une masse salariale de 1000 milliards et un service de la dette également à 1000 milliards, les ressources propres pourraient rapidement s’épuiser. Pour couvrir les besoins restants de l'État, l'emprunt devient inévitable.

 

« Bien que ce schéma soit simplifié pour en faciliter la compréhension, il reflète fidèlement la réalité. Cette réalité souligne l'absence de solutions concrètes dans cette loi de finances pour les populations en situation de vulnérabilité sociale, notamment les personnes déplacées du carrefour SNI et la majorité des habitants de Plaine-Orety », a-t-il conclu.



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Catégorie : ECONOMIE

En ligne depuis : 08/11/2025

Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME

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