Ve République : Oligui Nguema va-t-il mettre fin à l’ubiquité politique ?
Description
LIBREVILLE, GABON- Dans
un contexte politique en constante évolution, il devient impératif que les
députés et les sénateurs occupent effectivement leurs sièges au sein du
parlement. Cette question soulève non seulement des enjeux de devoir civique,
mais également des responsabilités envers les citoyens qui les ont élus. Au
Gabon, où la diversité des compétences et des idées s'avère cruciale pour le
développement du pays, il est temps de s'interroger sur l'ubiquité politique
qui, à l'ère de 2025, ne devrait plus être toléré.
La participation des élus au sein des instances
législatives constitue un pilier essentiel de la démocratie. Le professeur
Martin Ndong, politologue à l'Université Omar Bongo, souligne que les
représentants ont la responsabilité de faire entendre les voix de leurs
concitoyens. En effet, leur absence peut engendrer une rupture entre les
décisions politiques prises et les attentes réelles de la population. Cette
déconnexion peut nuire à la confiance des citoyens envers leurs institutions et
compromettre l'efficacité des politiques publiques.
Le rôle des parlementaires ne se limite pas à
leur élection ; il englobe également une participation active aux débats, le
vote sur des lois et la défense des préoccupations de leurs électeurs. En
s'engageant dans ces activités, les élus contribuent à façonner un cadre
législatif qui reflète les besoins et les aspirations de la société. Leur
implication dans les discussions et leur capacité à articuler les enjeux locaux
au niveau national sont cruciaux pour garantir que les décisions prises soient
en adéquation avec les réalités vécues par les citoyens.
Ainsi, la présence des élus dans les instances
législatives est non seulement une question de représentation, mais aussi un
impératif pour le bon fonctionnement de la démocratie. En s'assurant que les
voix de la population soient entendues et prises en compte, les parlementaires
jouent un rôle fondamental dans la construction d'une société plus juste et
équitable. Leur engagement et leur responsabilité envers leurs électeurs sont
des éléments déterminants pour renforcer la légitimité des institutions
démocratiques et favoriser une gouvernance participative.
Lorsqu'un député ou un sénateur accède à un
poste ministériel, il opère une transition significative, passant d'un rôle
législatif à une fonction exécutive. Cette évolution soulève des préoccupations
majeures, notamment en ce qui concerne le suppléant qui prend désormais place
au sein de l'assemblée ou du sénat. Ce dernier se retrouve en effet sous
l'autorité de son prédécesseur, ce qui compromet l'indépendance nécessaire à
l'exercice de ses fonctions. Une telle situation altère profondément la
dynamique démocratique, car elle remet en question le rôle fondamental des
parlementaires, qui est de contrôler les actions du gouvernement. En
conséquence, cette interconnexion entre les différents niveaux de pouvoir peut
nuire à la transparence et à la responsabilité, des principes essentiels au bon
fonctionnement d'une démocratie.
Plusieurs élus occupent simultanément des
fonctions dans diverses institutions, ce qui pose des interrogations sur leur
capacité à être pleinement disponibles et efficaces dans l'exercice de leurs
mandats. Cette situation soulève des préoccupations quant à la qualité de la
représentation des citoyens et à la responsabilité des élus envers leurs
électeurs. Cette dualité de fonctions entraîne une dilution de la
responsabilité individuelle et compromet l'engagement des élus envers les
préoccupations de la population. En effet, il est essentiel que les
représentants soient en mesure de se consacrer pleinement à leurs
responsabilités pour garantir une représentation efficace et authentique des
citoyens.
Ce débat sur l'ubiquité politique met en lumière la nécessité d'une réforme des pratiques actuelles. Les citoyens attendent de leurs élus qu'ils soient pleinement engagés dans leur rôle, sans distractions ni conflits d'intérêts. Pour restaurer la confiance dans les institutions, il est crucial d'établir des règles claires concernant le cumul des mandats et de promouvoir une culture de responsabilité et de transparence au sein de la classe politique. Cela pourrait contribuer à renforcer la légitimité des élus et à améliorer la qualité de la gouvernance.
En 2025, il est essentiel que la représentation
politique soit à la fois pluraliste et engagée, permettant ainsi une meilleure
prise en compte des aspirations de l'ensemble de la population gabonaise. La
nécessité d'un renouvellement des visages et des idées au sein des instances
décisionnelles est plus pressante que jamais.
Il revient au Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, de prendre des mesures proactives. La mise en place d'un cadre législatif clair interdisant le cumul de responsabilités multiples pourrait être une première étape vers une plus grande transparence et efficacité au sein du système politique.
En conclusion, la question de la présence des
élus tête de liste au parlement est cruciale pour l'avenir démocratique du
Gabon. Que les élus prennent conscience de leur devoir envers leurs électeurs
et s'engagent pleinement dans leurs fonctions. La fin de l'ubiquité politique
serait un pas vers un système plus sain et plus représentatif, où chaque voix
compte et où chaque élu est effectivement présent pour défendre les intérêts de
ceux qui l'ont élu. Cela pourrait marquer une nouvelle ère de responsabilité et
d'engagement civique au Gabon.
A propos de cet Article
Catégorie : FOCUS
En ligne depuis : 04/11/2025
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME