« Tout se Dire »: La Constitution de 2024 est la pire des choses qui soit arrivée au Gabon, Bilie By Nze

« Tout se Dire »: La Constitution de 2024 est la pire des choses qui soit arrivée au Gabon, Bilie By Nze
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LIBREVILLE, GABON- Dans le quinzième épisode de sa série de podcasts intitulée « Tout se Dire », Alain Claude Bilie By Nze, le Président du parti politique Ensemble Pour le Gabon, a dénoncé la nouvelle constitution adoptée en novembre 2024, qu'il qualifie de « pire des choses » survenues depuis les indépendances. Selon lui, cette constitution a conduit à une concentration alarmante des pouvoirs entre les mains d'un seul homme, remettant en question les acquis démocratiques précédemment établis.

« Je le dis et j'assume ce que je dis. Nous avons, par cette constitution, concentré tous les pouvoirs en les mains d'un seul », a-t-il dit.

L'ancien Premier ministre a rappelé les promesses de la Conférence Nationale de 1990, qui avaient mis un terme au parti unique, en soulignant que le paysage politique actuel reflète une triste régression. « Nous sommes allés à la Conférence Nationale, en 1990, pour mettre un terme au parti unique. Et on se réveille, en 2025, avec un parti unique », a-t-il affirmé.

Une Assemblée Nationale Unicolore

Avec la récente élection législative, plus de 100 des députés élus appartiennent à l'Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le parti du président. En outre, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), qui a eût des accords avec l’UDB, par endroit des listes communes ne compte que 17 membres, tandis que les indépendants et les autres élus sont issus de partis qui  soutiennent le pouvoir en place. Cette situation, pour lui, crée une « assemblée monocolore, monochrome, avec quelques nuances» où l'opposition est quasi-inexistante, rendant ainsi la séparation des pouvoirs obsolète.

Un Danger pour la Démocratie

Pour Bilie By Nze, les répercussions de cette concentration de pouvoir vont bien au-delà de la simple composition de l'assemblée. Elles mettent en péril la gestion démocratique du pays. La démocratie, rappelle l'ancien Premier ministre, ne se limite pas aux élections; elle englobe également la gestion quotidienne de l'État, l'écoute de l'opposition et le respect de l'opinion publique.

« Dans ces conditions, on en a fini avec la question de la séparation des pouvoirs […] La boucle est bouclée. Et cette manière de procéder, cette manière de tout régenter, c'est un danger pour le pays. Pas seulement en termes d'équilibre des pouvoirs, mais en termes de gestion de l'État », rappelle-t-il.

Bilie By Nze soupçonne l'absence de débat et de contestation au sein de la future Assemblée Nationale et du Sénat sur des questions fondamentales et sur la capacité du future parlement à représenter les intérêts de tous les Gabonais.

« Est-ce qu'on peut imaginer, dans la configuration actuelle, qu'un député propose demain une loi qui irait à l'encontre de ce que veut celui qui est au sommet de l'État ? S’est-il interrogé. La réponse est : « le sujet aujourd'hui est d'accompagner le chef de l'État », conclut-il.

La Gestion de l'État en Péril

Un autre point de préoccupation soulevé par le Président d’EPG, concerne le conflit d'intérêts impliquant le ministre de l'Économie, qui est lié à la banque BGFI. Il relève l'incapacité du Parlement à interroger un ministre en situation de conflit d'intérêts, soulignant l'effritement des mécanismes de contrôle et de responsabilité qui sont essentiels à la bonne gouvernance.

Cette situation pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour l'État.

« Le Parlement qui doit s'assurer de la morale publique, de la gestion de l'État dans le respect de la loi, n'arrive même pas à l’interpeller et à le contraindre à faire un choix entre la banque BGFI, la BVMAC et le gouvernement gabonais. Voici un des dangers qui nous guettent », s’insurge-t-il.

La situation politique actuelle au Gabon, pour Alain Claude Bilie By Nze,  appelle à une réflexion approfondie sur l'avenir démocratique du Gabon. Il souligne qu’il est impératif d'interroger le parcours du pays, afin de préserver les acquis démocratiques et garantir un équilibre des pouvoirs.

 



A propos de cet Article

Catégorie : POLITIQUE

En ligne depuis : 03/11/2025

Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME

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