« Tout se Dire » : Des accords de Paris à 2023, Bilie By Nze interroge le passé

« Tout se Dire » : Des accords de Paris à 2023, Bilie By Nze interroge le passé
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LIBREVILLE, GABON- Dans le quatorzième épisode de sa série de podcasts « Tout se Dire », Alain Claude Bilie By Nze, le président du parti politique Ensemble Pour le Gabon, s'interroge sur le passé du Gabon et met en lumière les pertes considérables des « acquis des accords de Paris » subies par le pays  au fil des années. Il exprime son inquiétude face à l'aggravation de cette situation, particulièrement depuis l'arrivée des militaires au pouvoir. De plus, il refuse l'idée selon laquelle les mandats d'Ali Bongo auraient été un échec, tout en s'étonnant de l'indifférence de ses anciens partenaires de pouvoir durant ses deux derniers mandats face à ces critiques.

D’abord, Bilie By Nze rappelle que, dans un premier temps, les élections étaient supervisées par des magistrats, avant d'être confiées à des organismes indépendants regroupant des membres tant de la majorité que de l'opposition. Par la suite, l'introduction de la biométrie, obtenue grâce aux efforts de l'opposant Pierre Mamboundou.

Cependant, l’ancien Premier ministre déplore que les acquis, qui avaient été le fruit d'un combat démocratique acharné, aient été perdus au fil du temps. Une régression inquiétante qui remet en question les fondements mêmes de la démocratie.

Ensuite, il s'interroge sur la nécessité de limiter la responsabilité de la situation actuelle à Ali Bongo et à ses gouvernements. Il souligne que, ces mêmes acteurs qui, aujourd’hui se prennent pour les « néo » opposants, ont oublié qu'ils avaient contribué à l'instauration d'un mandat de sept ans, renouvelable indéfiniment sous l’ère Omar Bongo. De plus, c'est grâce à eux que le système des deux tours de scrutin a été aboli.

« Ceux qui ont fait ça, c'est la plupart de ceux qui avaient accompagné Omar Bongo et qui, en 2009, vont quitter le PDG parce qu'Ali Bongo devient président.  C'est tous les doyens qu'il y avait à l'époque. Jean-François Ntoutoume Emane, casimir Oyé Mba, Paulette Missambo, Zacharie Myboto et d'autres », rappelle-t-il.

La dynamique de la vie politique étant souvent sujette à des fluctuations, ce qui rend inapproprié de considérer que les évolutions négatives observées sont uniquement imputables à un camp. L’ex PM soutient qu'il n'existe pas une dichotomie entre ceux qui seraient irréprochables et ceux qui seraient systématiquement fautifs. Il conteste donc l'idée selon laquelle les mandats d'Ali Bongo auraient « détruit le pays ».

« On a détruit quoi exactement ? », pose-t-il la question.

Bilie By Nze soulève une question pertinente en évoquant le discours emblématique d'Omar Bongo prononcé en 2007, où il déclare : « Mais Dieu ne nous a pas donné les droits de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire ». Cette interrogation vise à comprendre à qui s'adressait réellement le président à ce moment-là. Selon Bilie By Nze, la réponse est claire : il s'adressait principalement à une classe politique qui, par la suite, a choisi de se positionner dans l'opposition en 2009. Cette analyse met en lumière les dynamiques politiques du Gabon et souligne les tensions qui existaient au sein de l'élite politique, révélant ainsi les fractures qui allaient se développer dans le paysage politique du pays.

Le président d’EPG fait remarquer que, dans l'évolution du pays, de nombreuses initiatives ont été initiées et ensuite anéanties sous le même leadership.

« Ce qui a été commencé sous Omar Bongo et détruit sous Omar Bongo ».

Enfin, soulignant les actions de l'ancien président de la République déchu, Alain Claude indique qu'Ali bongo n'a pas seulement commis des erreurs, mais a également réalisé des actions positives. « L’histoire fera la part de ce qu'il a bien fait et de ce qu'il a mal fait », a-t-il dit. Dans ce sens, il relève que, sur le plan politique, il est périlleux de tenter de blanchir certains tout en discréditant d'autres.

« Il faut que les gens sachent ce qui s'est passé dans notre pays. Qu'ils sachent aussi qu'aujourd'hui, on peut nommer les gens à la tête de la CDC, c'est Ali Bongo qui a créé la CDC. Qu'on peut nommer les gens à la tête de l'ANUTTC, c'est Ali Bongo. À la tête du FGES, c'est Ali Bongo. Qu'on peut construire des immeubles à la baie des Rois, c'est un projet d'Ali Bongo. Qu'on peut habiter à Akanda, c’est une création d'Ali Bongo. Et donc, il n'a pas fait que de mauvaises choses, il en a fait de bonnes également. Et puis, l'histoire fera la part de ce qu'il a bien fait et de ce qu'il a mal fait. Mais sur la question politique, il est dangereux de vouloir laver certains et salir les autres ».

Alain Claude Bilie By Nze déplore également dans cet épisode, l'indifférence de ses anciens collègues et camarades, estimant que l'une des principales responsabilités de ceux qui ont dirigés avec Ali Bongo, est de rendre compte de son bilan.

« Ce qui a été bien fait, il faut être capable de le réclamer. Et ce qui n'a pas été bien fait, il faut être capable aussi de s'expliquer le cas échéant, de s'en excuser », conclut-il. 



A propos de cet Article

Catégorie : POLITIQUE

En ligne depuis : 01/11/2025

Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME

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