Le parcours tumultueux du Gabon vers la démocratie : un héritage complexe
Description
LIBREVILLE, GABON-Dans les épisodes 10 et 11 intitulé ''Un homme, une histoire, un parcours'' d’une série de podcast "Tout se Dire", le président du parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, met en lumière les occasions manquées depuis la conférence nationale de 1990, qu'il qualifie de « plus grande occasion manquée » pour le pays. Le leader politique dénonce un immobilisme persistant qui freine le développement démocratique et politique du Gabon.
« Lorsque je dis que nous sommes le
pays des occasions manquées, je ne le dis pas par effet de langage, je ne le
dis pas parce qu’il faut trouver une formule, je le dis parce qu’il y a des
faits qui le démontre », affirme-t-il.
Contrairement à d’autres pays qui avaient indiqué
que « ce qui était décidé à la conférence nationale, allait s’imposer
à tous, Alain Claude rappelle que, l’ex président emblématique du Gabon, qui
entre temps, avait « accepté la dissolution du Parti Démocratique Gabonais
(PDG), comme parti état, et donc comme parti unique, « a
eu le génie d’échapper à cela », dit-il. Conséquence : Ce qui
s’apparentait à une pluralité d’opinions et une liberté, ne l’a été que de courte durée. »
Malgré l’enthousiasme suscité par la création du
Rassemblement des Démocrates Gabonais (RSDG), un laboratoire politique pour
apprendre la démocratie, une division au sein de l’opposition a freiné ce
processus. Certains acteurs souhaitaient une démocratie immédiate, sans phase
d'apprentissage, ce qui a entraîné des tensions qui se sont intensifiées en
1993 lors des élections marquées par des violences et des contestations.
« Cette histoire d’occasion manquée elle
date de là. Parce que les acquis de la conférence nationale, avec une
constitution qui consacrait la liberté d'opinion, d'association et donc la fin
du parti unique, on les a perdus progressivement parce que, Omar Bongo a
eût le génie de laisser la souplesse et progressivement de reprendre par la
main gauche ce qu’il avait cédé par la main droite», renchérit-il.
Des accords de Paris ont suivi, tandis que la
crise politique s’aggravait. L'opposition, représentée par des figures comme
Paul Mba Abessole, qui revendiquait sa victoire, créant le Haut Conseil de la
République, qui plus tard deviendra le Haut Conseil de la Résistance.
La libération de la presse et la diffusion des
idées politiques ont également façonné cette époque. « C’était une vie
politique qui s’organisait à l’époque. Où il y avait des journaux libres.
Notamment le Bûcheron, la Clé, le Progressiste et d’autres… », Souligne Bilie
By Nze.
De même qu’à cette époque, les voix des jeunes-surtout
des étudiants-se manifestaient par une mobilisation sans précédent, où chaque
document diffusé et chaque affiche collée devenait un symbole de leur quête de
justice et d'égalité. Ces actions, souvent réalisées dans un contexte de
répression, témoignaient de leur courage et de leur volonté de contester les
normes établies, tout en inspirant d'autres à se joindre à leur cause.
« C’était l’époque où, en tant qu’étudiants, il
fallait écrire des tracts, les distribuer sous le bras. C’était l’époque du
collage d’affiches, l’époque où il fallait affirmer ses positions sur la place publique.
C’était une époque où, quant on était étudiant, on se sentait porteur d’un
message universel – celui de la liberté, celui des droits de l’homme, celui de
la liberté de conscience, et celui de la liberté d’association, celui de
pouvoir choisir librement ses dirigeants », précise-t-il.
Malheureusement, ce vent de changement a été
étouffé au fil du temps, selon les observateurs. Bongo Ondimba su reprendre
habilement ce qu’il avait cédé, aboutissant à une érosion progressive des
acquis démocratiques. Si l’histoire nous montre que les victoires de la
démocratie ont souvent été suivies de revers. Le Gabon n’échappe pas à cette
règle.
Aujourd'hui, alors que le peuple gabonais
exprime un profond scepticisme vis-à-vis des promesses politiques, il est
impératif, selon Alain Claude Bilie By Nze, « d'évaluer les leçons du
passé ». Les défis liés à la gouvernance et à la participation citoyenne demeurent
au cœur des préoccupations. La mémoire de la Conférence nationale et des luttes
pour la démocratie ne doivent pas être oubliées, car elles constituent les
fondations sur lesquelles le Gabon peut espérer construire un avenir meilleur.
Les derniers podcasts de Bilie-By-Nze
s'articulent autour de la nécessité de comprendre l’héritage des luttes
passées, des succès, mais aussi des échecs qui ont façonné le paysage politique
actuel. Il insiste sur l'importance
de chacun, de « reconsidérer son parcours individuel, collectif et
national ». Le Gabon doit-il alors se contenter d’être
un pays des occasions manquées, ou peut-il se réinventer et saisir les
opportunités qui s’offrent à lui ? Seul l’avenir dira si les réflexions de
Bilie-By-Nze seront entendues et prises en compte.
A propos de cet Article
Catégorie : POLITIQUE
En ligne depuis : 27/10/2025
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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