Réforme du Système Educatif : les 9 propositions d'Alain Claude Bilie By Nze
Description
LIBREVILLE(Plusinfos)- Alain Claude Bilie By Nze, président du parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), a exprimé sa volonté de contribuer à l'amélioration du système éducatif gabonais, confronté à des enjeux majeurs tels que des conditions d'apprentissage dégradées, des infrastructures inadaptées, un manque d'équipements, ainsi qu'un taux élevé de décrochage et de redoublement.
Lors de la présentation des candidats de son
parti aux prochaines élections législatives et locales, ce samedi 13 septembre,
il a proposé neuf points clés pour réformer le système éducatif local et des
mesures d’accompagnement des étudiants gabonais à l’extérieur.
Ci-dessous, ses propositions.
Structuration
des cycles
« Il faut revenir à la création des
Collèges d’enseignement technique (CET), à côté des Collèges d’enseignement
général (CEG) et des collèges polyvalents (CP). Les lycées doivent être
également structurés suivant ces 3 ordres.
Pour inverser la proportion, la mesure immédiate
est de favoriser la création des centres de formations professionnels jumelés
aux collèges d’enseignement technique. C’est la priorité numéro 1.
La priorité numéro 2 est la création des
collèges polyvalents où l’enseignement général, l’enseignement professionnel et
l’enseignement technique sont assurés.
Les lycées strictement réservés à l’enseignement
général devraient progressivement être réduits. Il paraît crucial de respecter
cet ordre de priorités pour les prochains investissements dans la construction
des nouveaux établissements à travers le pays.
L’augmentation des lycées professionnels et des
filières technologiques et scientifiques dans les lycées polyvalents réduira le
nombre de bacheliers orientés par défaut dans l’enseignement général et
inéluctablement préposés au chômage.
L’effet immédiat sera le désengorgement des
universités et des filières d’enseignement général, principalement en lettres
et sciences humaines, dont l’accès sera réservé aux étudiants qui présentent
des aptitudes pour ces formations qui restent essentielles pour la société
quoique l’on en dise ».
La
question de l’orientation
« Elle est inévitablement posée pour
répondre aux questions soulevées aux points précédents. Et le SOSUP qui était
censé résoudre ce problème a été dévoyé.
Les spécialistes de l’orientation ont été mis de
côté. La nomination du Secrétaire de cet organe, en violation flagrante des
textes (appel à candidatures, éligibilité prioritaire aux Conseillers
d’orientation, etc.), en est une illustration parfaite. Il faut redonner leur
place aux spécialistes de l’orientation qui doit commencer très tôt. Une pré-
orientation et détection des aptitudes dès le primaire et une orientation à
l’entrée du collège ».
La
formation des formateurs
« La formation des enseignants doit être
repensée. Le premier problème ici est d’ordre qualitatif. La base du
recrutement est insuffisante. Au lieu du bac, la licence voire la maîtrise
devrait être le diplôme minimal pour tout enseignant, comme cela se fait dans
les pays aux systèmes éducatifs performants.
La spécialisation permettrait de distinguer les
enseignants du pré- primaire, de ceux du primaire et du secondaire. Le deuxième
problème est d’ordre quantitatif : il y a trop peu d’enseignants formés dans
les écoles, notamment l’ENS et l’ENSET.
Il faut donc donner la possibilité aux
universités gabonaises, notamment l’UOB et l’USTM, d’offrir des parcours dans
le métier de l’enseignement qui donneraient lieu à un Master d’enseignement
disciplinaire.
On gagnerait ainsi 1 à 2 ans dans la formation
des enseignants. Le déficit en enseignants qui déjà élevé (environs 6000), va
s’accroître avec la construction des nouveaux établissements. D’autant plus que
l’université des sciences de l’éducation qui était censé opérer cette nécessaire
mutation est détournée de ses orientations ».
Les
réformes curriculaires
« Elles concernent aussi bien la formation
des élèves que celles des enseignants et doivent être engagées le plus tôt
possible. Qui ne s’est pas étonné du niveau de certains enseignants et, par
ricochet, des élèves ? Que doit-on enseigner ? Quelle est la place des TIC, des
langues, du développement durable dans la formation ? Telles sont les questions
essentielles à se poser.
Il faut absolument un projet cohérent
d’enseignement des TIC et de l’IA dans le système éducatif. Donner aux enfants
des outils pour maîtriser les grandes langues de communication internationales
; reconfigurer le cours d’instruction civique qui doit tenir compte des enjeux
de la citoyenneté mondiale et du développement durable ; constituer des blocs
de disciplines cohérents pour préparer aux filières de l’enseignement
supérieur.
Aujourd’hui par exemple, dans les pays
occidentaux, les sciences, la technologie, les sciences de l’ingénieurie et les
mathématiques constituent le bloc des STEM.
On peut regrouper l’histoire, la géographie, la
philosophie, les sciences économiques dans un bloc de sciences sociales, etc.
L’introduction des langues nationales ne doit
pas être une posture idéologique et cosmétique mais une réelle plus-value pour
la formation des enfants qui doivent être solidement armés pour affronter la
compétition internationale.
Ainsi, c’est au primaire qu’elles doivent être
introduites comme langue d’apprentissage, exclusivement dans les zones où elles
constituent la première langue d’acquisition ou langue maternelle des
apprenants.
Au secondaire, les langues nationales pourraient
être optionnelles comme langues vivantes. Il est évident qu’une véritable
politique et un vrai projet d’aménagement linguistiques doivent intégrer l’état
des lieux sociolinguistique, la formation des formateurs, la conception des
outils didactiques, etc. Tout cela a un coût qu’il faut évaluer ».
Les
méthodes d'enseignement
« Elles doivent être modernisées. La
création d'un institut de la formation à distance, qui intégrerait les méthodes
numériques mais pas exclusivement, est nécessaire.
Aussi une évaluation des méthodes en cours doit
être faite. Quel est le bilan de l'introduction de l'approche par compétence
(APC) au primaire ? Quelle est la programmation de son introduction au
secondaire ? Quelle est la position de l'Etat par rapport aux méthodes
pédagogiques alternatives (Montessori,
etc.), etc. Quelle est
la planification de l'égalisation des coefficients au secondaire ? Quel
est le lien entre l'égalisation des coefficients et l'orientation? Tout cela ne
peut être fait à la hussarde. Les grandes réformes qui concernent l'avenir de
nos enfants doivent être sérieusement préparées, planifiées, discutées avec
toutes les parties prenantes, présentées en conseil de ministres et
éventuellement débattues au parlement ».
L'accompagnement
social des élèves
« La distinction entre une prime aux
résultats scolaires (bourses allouées en fonction de la moyenne) et un soutien
aux enfants de familles démunies doit être faite. Il faudrait, sur la base du
fichier des familles économiquement faibles, accompagner les élèves qui en sont
issus par l'attribution d'une allocation sociale.
La bourse sociale doit faire partie d'un package
intégrant la prise en charge intégrale ou partielle de l'uniforme, des
fournitures, du transport des élèves de familles démunies. Un plan de
construction et de réouverture des internats et des cantines scolaires doit
être réactivé.
Une commission objective comprenant des
représentants du monde éducatif (enseignants, conseillers pédagogiques,
coopératives, syndicats), des associations des parents d'élèves, du ministère
du budget (ANBG, etc.), du ministère des affaires sociales (CNAMGS, CNSS, etc.)
doit être constituée et siéger chaque début d'année ».
La
problématique de la carte scolaire
« Cet instrument qui était censé favoriser
l'égalité des chances, produit l'effet inverse. En effet, comme tous les
établissements publics ne sont pas logés à la même enseigne, les enfants des
familles démunies sont orientés dans des établissements situés dans les
quartiers défavorisés. Il y manque des enseignants, des surveillants, du
matériel didactique, etc.
Les lieux d'aisance sont inexistants ou non
fonctionnels, les effectifs sont pléthoriques. C'est dans ces conditions que
les enfants des pauvres apprennent.
Il faudrait un plan, d'équipements, de
recrutement, de modernisation et d'entretien des établissements avec une
priorité pour ceux qui sont dans les quartiers défavorisés.
La convention avec le génie militaire pour
l'entretien pendant les vacances et lors d'imprévus (arrachement des toitures,
etc.) initiée en 2021 et qui a fonctionné avec succès peut être reconduite.
Ainsi on se sera de nouveau dans le cercle vertueux de la carte scolaire ».
Insécurité
et violence dans les établissements
« Cette question a encore pris de
l'ampleur; le renforcement et la rationalisation du dispositif des policiers et
auxiliaires de sécurité scolaire peinant à monter en puissance. C'est pourtant
le premier levier de lutte contre ce fléau. Le second levier est le suivi
social et psychologique des élèves. Ce qui nécessite une valorisation du
travail des psychologues scolaires dans les lycées et une mise à leur
disposition de moyens conséquents.
Le troisième levier est la construction
d’établissements de réinsertion scolaire qui prendraient en charge les élèves
particulièrement déstructurés et dangereux dont la place n’est pas dans les
établissements ordinaires ».
Responsabilité
administrative des établissements scolaires
« Depuis toujours, la responsabilité des
établissements primaires secondaires incombe exclusivement au Ministère de
l’Education Nationale. Même si certaines collectivités locales ont construit
des établissements et formé des enseignants sans en avoir les compétences.
Il conviendrait d’aller au-delà de ces
initiatives non canalisées en créant un cadre légal et réglementaire qui
définit la tripartition des responsabilités des établissements. La gestion des
écoles pré- primaires et primaires reviendrait aux collectivités locales du
fait de la nécessité de proximité et de l’âge des enfants ; celles des collèges
à la province et celles des lycées à l’Etat central. Dans ce modèle, la
garantie de la qualité pédagogique restera sous le contrôle du Ministère qui
affectera les enseignants.
Mais la gestion sociale (cantine scolaire,
internat, etc.), l’entretien des bâtiments, etc. sera du ressort des
collectivités locales. Il en est ainsi dans les pays de référence en matière
d’éducation ».
En somme, Alain Claude Bilie By Nze et Ensemble
pour le Gabon soulignent l'urgence de replacer l'éducation au cœur des
priorités nationales, tout en respectant les textes en vigueur.
Pour lui, la détermination de l'État à réformer
le système éducatif se mesurera à sa capacité à restaurer la crédibilité des
examens et concours, à garantir l'égalité des chances et la mixité sociale, et
surtout à répondre à la proposition d'adopter une loi de programmation
quinquennale pour sécuriser le budget éducatif, fixé à 6 % du PIB, soit environ
565 milliards, conformément aux recommandations maximales de l'UNESCO, en
contraste avec les 177 milliards prévus pour 2025.
A propos de cet Article
Catégorie : SOCIETE
En ligne depuis : 13/09/2025
Auteur : Gérauds Wilfried OBANGOME
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